300 Jours. 13 juillet 1944 - 9 mai 1945 - Dix mois pour en finir avec Hitler

Introduction - Home by Christmas ?

Quant à la bombe atomique, dont on sait aujourd’hui, relevés radiologiques à l’appui, qu’elle fit l’objet de deux essais réussis sur le sol du Reich*5 – en mer Baltique en octobre 1944 et à Ohrdruf (Thuringe), en mars 1945, entraînant la mort atroce de déportés transformés en cobayes –

2 - Barbarossa à l'envers - 18 juillet-2 octobre 1944

Partant du postulat que les forêts servent de refuge aux partisans, Gottlob Berger, chef du SS Hauptamt*23 a sorti de prison, en plus d’assassins patentés, des braconniers condamnés pour « délits cynégétiques ». Regroupés au sein de la 36e division de grenadiers SS, leur mission est simple : appliquer leur savoir-tuer à la gigantesque chasse à l’homme

2 - Barbarossa à l'envers - 18 juillet-2 octobre 1944

L’historien Christian Ingrao, qui a consacré un ouvrage essentiel à cet épisode peu connu, cite les rapports de médecins militaires appelés à soigner certains de ces hommes, qualifiés par eux de « débiles légers », voire de « psychopathes17

2 - Barbarossa à l'envers - 18 juillet-2 octobre 1944

ce n’est pas à Yalta que l’Europe a été divisée en zones d’influences, mais bien à Moscou, quelques mois plus tôt, et c’est Churchill, pas Staline, qui en a été l’initiateur, Roosevelt étant accusé, aux États-Unis et en Europe centrale, d’y avoir souscrit21

3 - Tuer Hitler ?

la République fédérale, engagée dans la guerre froide au côté des Américains, érigea en héros les conjurés du 20 juillet 1944 – lesquels rêvaient tous d’une paix séparée avec l’Ouest qui aurait permis à l’Allemagne de retourner toutes ses forces contre l’Union soviétique –, l’attention s’est portée, dans les décennies suivantes, sur le contenu de leur alternative politique au national-socialisme

3 - Tuer Hitler ?

l’examen de leurs propositions oblige à constater que la rupture est loin d’être totale avec les orientations générales définies en 1933. Dans l’ordre international, nous l’avons dit, l’attachement à la Grande Allemagne reconstituée par Hitler est général. Et c’est pour en préserver les acquêts qu’ils veulent en finir avec lui avant que, victime de sa fuite en avant, tout l’édifice s’écroule sans retour

3 - Tuer Hitler ?

Pour eux, la reconstitution de l’hégémonie nationale et l’annulation du traité de Versailles étaient des objectifs naturels. Ce qui les séparait de Hitler, c’était la méthode, non le but4

3 - Tuer Hitler ?

. Si la plupart de ses membres s’opposent aux manifestations les plus violentes de l’antisémitisme hitlérien et si tous condamnent ce qu’ils perçoivent de plus en plus clairement, à partir

3 - Tuer Hitler ?

de l’invasion de la Russie, comme un génocide en marche, tous ne sont pas sur la même longueur d’onde s’agissant de la place des Juifs dans la société.

3 - Tuer Hitler ?

Sans remettre en cause le sens du sacrifice de ceux qui laissèrent leur vie dans l’aventure, comment ne pas constater aussi, avec Anthony Beevor, que leur engagement devint irréversible quand, au début de l’été 1944, la Prusse-Orientale, où beaucoup des conjurés possédaient leurs propriétés de famille, se retrouva menacée par l’avancée soviétique9

3 - Tuer Hitler ?
4 - La chance du diable - 20 juillet-18 octobre 1944
4 - La chance du diable - 20 juillet-18 octobre 1944

Si les services de Canaris excellent à traquer les résistants de l’Europe occupée – en France, notamment, où les agents de l’Abwehr n’ont rien à envier, en fait de répression, à ceux de la Gestapo –, celui-ci a pris contact, dès 1941, avec les Américains, en la personne du chef du bureau de l’Office of Strategic Services de Berne, Allen Dulles, auxquels il fournit des renseignements… Et pas n’importe lesquels puisque, selon le témoignage même de Dulles, déclassifié par la CIA en 1983*18, Canaris le renseignait sur les essais de missiles guidés réalisés sur le site secret de Peenemünde, informations qui permirent aux Alliés de le bombarder par surprise dans la nuit du 18 au 19 août 1943 (opération Hydra)…

5 - La France rentre chez elle - 20 août-25 octobre 1944

 Le président Roosevelt se montrait très pessimiste sur la capacité de la France de retrouver son prestige et sa puissance en Europe. (Dès 1940) son premier souci fut de contrôler les points stratégiques de l’empire français, que les Français eux-mêmes, pensait-il, ne seraient plus en mesure de conserver2. »

D’où le soutien contre nature qu’il apporta jusqu’en 1942 au régime de Vichy. Dès sa formation, et bien que celui-ci fût en situation de guerre virtuelle avec la Grande-Bretagne, Roosevelt lui avait ainsi proposé un « deal » que le nouvel « État français » n’était guère en position de refuser : une aide financière substantielle en l’échange de facilités commerciales. Bref, un plan Marshall avant la lettre

5 - La France rentre chez elle - 20 août-25 octobre 1944

Roosevelt envisage, en sus de tout cela, un redécoupage territorial de l’Europe dont la France serait la première victime puisqu’elle perdrait non seulement l’Alsace et la Lorraine, rattachées à une nouvelle entité rhénane composée du Royaume néerlandais (dont la famille de Roosevelt est originaire*5), du Luxembourg (qu’il agrandirait aux dépens

5 - La France rentre chez elle - 20 août-25 octobre 1944

de l’Allemagne) et de la Belgique (qu’il méprise), mais aussi, pourquoi pas, la rive gauche du Rhône, offerte à l’Italie pour la récompenser d’avoir changé de camp en septembre 1943

5 - La France rentre chez elle - 20 août-25 octobre 1944

Ike ne comprend pas l’animosité obsessionnelle dont Roosevelt fait preuve à l’endroit de De Gaulle.

Un autre officier supérieur américain, et non des moindres, puisqu’il est l’homologue d’Eisenhower sur le front pacifique, partage leur analyse : le tonitruant général Douglas MacArthur

5 - La France rentre chez elle - 20 août-25 octobre 1944

Les gens qui s’étonnent de ne pas trouver parmi nous des politiciens usés, des académiciens somnolents, des hommes d’affaires manégés par les combinaisons, des généraux épuisés de grades, font penser à ces attardés des petites cours d’Europe qui, pendant la grande Révolution française, s’offusquaient de ne pas voir siéger Turgot, Necker et Loménie de Brienne au Comité de salut public. Que voulez-vous, une France en révolution préfère toujours gagner la guerre avec le général Hoche plutôt que de la perdre avec le maréchal de Soubise

5 - La France rentre chez elle - 20 août-25 octobre 1944

. À la veille du Débarquement, la France combattante, « partie de rien », peut aligner une armée de campagne de 230 000 hommes, des forces de souveraineté de 150 000 soldats (essentiellement dans l’empire colonial), une flotte de 1,5 million de tonnes (300 000 tonnes pour la flotte de guerre, 1,2 million pour la flotte marchande), sans compter quelque 500 avions de combat dont les pilotes (Clostermann, Maridor, Marin La Meslée et bien d’autres) sont entrés vivants dans la légende.

5 - La France rentre chez elle - 20 août-25 octobre 1944

alors qu’il écoutait, dans l’après-midi du 6 juin 1944, la retransmission du discours prononcé par de Gaulle à la BBC (« Derrière le nuage si lourd de notre sang et de nos larmes, voici que reparaît le soleil de notre grandeur… »), Churchill fut surpris par lord Ismay en train de pleurer. Et comme son vieux camarade de l’armée des Indes restait impavide, Churchill le rabroua :

5 - La France rentre chez elle - 20 août-25 octobre 1944

« Gros lard, tu n’as donc aucun sentiment20 ! »

6 - Coup de frein à Arnhem - 17 septembre 1944-16 avril 1945

Que les Hollandais, citoyens d’un pays neutre, puissent rendre la monnaie de leur pièce aux Allemands qui, le 10 mai 1940, les ont attaqués sans déclaration de guerre pour la deuxième fois en moins de trente ans n’effleure même pas l’esprit du Reichsführer ! Pour lui, ces Aryens dévoyés doivent payer le prix de leur… « déloyauté »

6 - Coup de frein à Arnhem - 17 septembre 1944-16 avril 1945

la brutalité de l’occupation allemande aux Pays-Bas, la plus violente sans doute subie par un pays occidental : le refus massif des Néerlandais de rallier la cause nazie,

6 - Coup de frein à Arnhem - 17 septembre 1944-16 avril 1945

Au total, 22 000 Néerlandais mourront de faim entre novembre 1944 et mars 1945, date à laquelle les Allemands autoriseront la Suède, pays neutre, à larguer par avion des cargaisons de farine qui permettront aux boulangers de recommencer à faire du pain. Mais c’est l’arrivée des Alliés, à l’extrême fin du conflit, qui permettra à la vie de reprendre son cours, non sans d’infinies séquelles, physiques comme psychologiques. Seuls les déportés des camps de la mort et la population de Leningrad, soumise à trois ans d’un impitoyable siège, auront connu pareil traitement

7 - La grande bascule de l'Europe de l'Est - 23 août 1944-25 janvier 1945

Celle-ci, aussitôt accordée, marque le début d’une guerre civile qui ne s’achèvera qu’en 1949, au terme de 150 000 morts (soit 2 % de la population, ni plus ni moins, toutes choses égales, que la guerre d’Espagne, entre 1936 et 1940). Cette tragédie largement oubliée dans la mémoire collective européenne restera longtemps présente dans celle des Grecs, qui conserveront pendant des années une image de la Grande-Bretagne à peine moins négative que celle laissée par les nazis.

7 - La grande bascule de l'Europe de l'Est - 23 août 1944-25 janvier 1945

Mais Churchill tient bon et convainc Roosevelt de le suivre, confiant, comme lui, dans les informations transmises par les services secrets anglais. Car c’est d’eux qu’est venu l’arrêt de mort frappant la résistance yougoslave non communiste. Ou plus exactement d’un groupe d’agents que la guerre froide rendra bientôt célèbre quand on découvrira qui ils sont vraiment : Kim Philby, Guy Burgess, Donald MacLean, Anthony Blunt et John Cairncross, autrement dit le « groupe des cinq » de Cambridge, les « taupes » soviétiques les plus efficaces jamais infiltrées dans un service secret occidental, en l’occurrence le MI6*27 

8 - Épurations

Ce type d’épisodes est sans doute ce qui différencie le plus la France des autres pays d’Europe libérés. Car autant l’épuration légale menée en Belgique, en Norvège et au Danemark ne diffère pas fondamentalement de celle menée par le Gouvernement provisoire, autant le phénomène des « maquis noirs » leur est resté étranger. Si l’Europe du Nord connut, dans les derniers mois de la guerre, son lot de femmes tondues pour cause de « collaboration horizontale », rarissimes furent les cas de banditisme organisé sous couvert politique. En revanche, l’épuration de la haute fonction publique s’y est révélée beaucoup plus rigoureuse que chez nous, spécialement dans la magistrature, qui fut profondément renouvelée… Tandis qu’en France, elle resta pratiquement inchangée.

8 - Épurations

« Après avoir prêté serment au maréchal Pétain, écrit plus sérieusement Jean-Paul Jean, l’un de nos meilleurs historiens du droit, lui-même ancien avocat général à la Cour de cassation, ce furent les mêmes magistrats qui participèrent, quatre ans plus tard, aux tribunaux de l’Épuration. Ceux qui avaient servi Pétain et l’État français servaient désormais la République. L’idéologie du positivisme juridique triomphait : le juge est fait pour appliquer la loi, quelle qu’elle soit et quel que soit le régime politique dont elle est l’expression

8 - Épurations

Privilège d’un corps appelé à se juger lui-même : la magistrature est ainsi la seule institution française à sortir absolument indemne de la Libération !

9 - Plans sur la comète - 15 septembre 1944-12 avril 1945

Grâce à la coopération exemplaire entre l’un des meilleurs journalistes d’investigation de la télévision allemande, Heiko Petermann, et d’un universitaire non moins réputé, connu pour ses travaux sur l’histoire de l’uranium et de son utilisation, Rainer Karlsch, cité plus haut. Dans son livre, ce dernier raconte comment il crut à une plaisanterie quand Petermann, courant 2001, lui demanda de « combien de tonnes d’uranium enrichi » disposait l’Allemagne de Hitler au début de 1945. L’ayant convaincu de l’inanité de sa question – puisqu’il était déjà (et reste) établi que le Reich n’en a jamais possédé plus de quelques dizaines de kilos –, il accepta néanmoins d’entendre les témoins encore vivants qu’avait rencontrés Petermann et parvint, après plusieurs années d’enquête, aux mêmes conclusions que lui et, avant eux, Romersa : des essais nucléaires ont bel et bien eu lieu en Allemagne dans les derniers mois de la guerre. Pas seulement à Rügen, mais aussi à Ohrdruf (Thuringe), le 3 mars 1945…

9 - Plans sur la comète - 15 septembre 1944-12 avril 1945

Contrairement à l’essai de Rügen, cinq mois auparavant, celui d’Ohrdruf a été connu des Alliés, à tout le moins des Russes, puisqu’il existe un rapport circonstancié du GRU (le renseignement militaire soviétique), remis à Staline en date du 23 mars 1945 et déclassifié après la chute de l’URSS. Karlsch

9 - Plans sur la comète - 15 septembre 1944-12 avril 1945

ce ne sont pas de prétendues manœuvres dilatoires dictées par de non moins prétendus scrupules, mais un parti pris de froid cynisme qui explique que le Reich – en l’occurrence Himmler, coordinateur en chef de la recherche atomique – ait renoncé à faire usage de l’arme nucléaire contre les Alliés. Ne disposant pas encore du vecteur (avion ou missile) adéquat pour atteindre New York ou Moscou*38 et le V2, utilisé contre l’Angleterre, n’étant pas doté d’une tête capable d’accueillir un détonateur nucléaire, l’Allemagne aux abois aurait certes pu tenter un raid de terreur sur les forces terrestres alliées

9 - Plans sur la comète - 15 septembre 1944-12 avril 1945

tous les chercheurs interrogés après-guerre se conformeront à la version américaine, vulgarisée dans ses Mémoires par Albert Speer, le ministre de l’Armement du Reich : d’abord très encourageantes, les recherches pour parvenir à la production d’une bombe ont été progressivement abandonnées courant 1944, faute d’une quantité suffisante de matière fissile disponible, sauf dans le domaine prometteur de la production d’énergie pour les sous-marins

9 - Plans sur la comète - 15 septembre 1944-12 avril 1945

Vu les faibles quantités d’uranium enrichi détenues par le Reich, il ne se serait agi, à l’instar des deux premiers essais, que d’une bombe tactique, dépourvue de la moindre chance d’inverser le cours du conflit*39…

9 - Plans sur la comète - 15 septembre 1944-12 avril 1945

Si les Américains n’accordèrent aucune importance à ce témoignage, c’est sans doute, comme l’écrit Karlsch, qu’ils considéraient comme évidente « l’idée selon laquelle la bombe atomique ne pouvait être qu’une arme semblable à celle utilisée contre le Japon. Or, cette arme-là, effectivement, les Allemands ne la détenaient pas23 

9 - Plans sur la comète - 15 septembre 1944-12 avril 1945

une partie de l’Administration américaine réfléchissait sérieusement à faire de l’Allemagne un no man’s land économique où seule l’agriculture vivrière serait autorisée, et encore sous contrôle international. Il ne s’agit donc pas d’un simple plan destiné à démanteler l’industrie de guerre allemande ; l’idée est aussi et surtout d’éradiquer la moindre activité minière et manufacturière et, au-delà, la possibilité même pour la population d’acquérir une culture technologique.

10 - Le sursaut de la bête - 16 décembre 1944-16 janvier 1945

si le handicap américain est réel, il n’est en rien dirimant

10 - Le sursaut de la bête - 16 décembre 1944-16 janvier 1945

Pierre Stéphany, dans son enquête irremplaçable, Ardennes 44

10 - Le sursaut de la bête - 16 décembre 1944-16 janvier 1945

Mépris des Françaises, quasi-impunité pour les Blancs : la situation est explosive dans certaines régions qui comprennent soudain ce que le nom de code Overlord (suzerain) donné au Débarquement pouvait signifier… « Des scènes de sauvagerie et de bestialité désolent nos campagnes. On pille, on viole, on assassine, toute sécurité a disparu aussi bien à domicile que par nos chemins. C’est une véritable terreur qui sème l’épouvante. L’exaspération des populations est à son comble. 

10 - Le sursaut de la bête - 16 décembre 1944-16 janvier 1945

cette transformation de Paris en Subure

11 - L'invasion de l'Allemagne - 17 janvier-16 avril 1945

Selon Wegner, « dès qu’il réalise l’impossibilité de gagner par les armes, Hitler s’emploie à gagner une autre bataille, celle de la postérité. À cette fin, durant les deux dernières années du conflit, il met littéralement en scène la disparition du Reich. Il la chorégraphie comme un opéra héroïque qui « transforme les morts en héros, le deuil en fierté et les défaites en victoires25

11 - L'invasion de l'Allemagne - 17 janvier-16 avril 1945

« Un combat désespéré conserve éternellement valeur d’exemple. Il suffit de songer à Léonidas et à ses trois cents Spartiates. Nous laisser égorger comme des moutons ne convient pas à notre style. On nous exterminera peut-être, mais nul ne nous mènera à l’étal du boucher26. »

12 - Jusqu'à la dernière pierre - 16-30 avril 1945
Conclusion - Soft Power, Hard Power

l’Union soviétique en a perdu 25 millions (15, 8 millions de sur les 48 millions de morts provoqués par la guerre en Europe*4

Le moins qu’on puisse dire est qu’en 1945, l’opinion française était plus objective. Quand, tout juste après la capitulation allemande, l’IFOP (créé en 1938 par Jean Stoetzel) posa la même question aux Français, 57 % des personnes interrogées voyaient encore dans l’Union soviétique le principal artisan de la défaite allemande, contre 20 % en faveur des États-Unis et 12 % de la Grande-Bretagne.

civils/9,2 millions de militaires) et les États-Unis… 140 000. Entre l’invasion de l’URSS par Hitler (22 juin 1941) et le 8 mai 1945, ses pertes représentent 73,5 % de toutes les pertes alliées (34 millions). Et celles des États-Unis seulement… 0,4 % pourtant ! Lorsqu’en 2015 l’IFOP demande aux Français quel pays a le plus « contribué à la défaite de l’Allemagne*5 », 54 % des personnes interrogées répondent : les États-Unis… Et 23 % seulement l’Union soviétique, juste devant l’Angleterre (18 %) !

Conclusion - Soft Power, Hard Power

Car si c’est bien la prise en étau de l’Allemagne par les Anglo-Saxons à l’Ouest et les Soviétiques à l’Est qui décida, en quelque trois cents jours, de l’issue du conflit, c’est en Europe orientale et nulle part ailleurs que la machine de guerre allemande fut détruite positivement et définitivement, alors qu’à l’Ouest, elle ne fut vaincue que par défaut – son absence totale de couverture aérienne et une pénurie croissante de carburant décidant du sort des armes infiniment plus que la tactique alliée. Ce ne sont pas davantage les bombardements stratégiques de l’US Air Force et de la RAF qui mirent à genoux l’industrie de guerre allemande ; c’est la raréfaction puis l’épuisement de ses sources d’énergie après que l’Armée rouge eut conquis les puits de pétrole roumains et hongrois puis le charbon de Haute-Silésie, comme Speer l’annonçait à Hitler dans son mémorandum du 31 janvier 1945*