Heinz Guderian

3 - Baltikum !

Ce voyage de Guderian dans le Baltikum est le premier qu’il effectue dans l’Est européen. Il en retire une impression très négative, qui doit tout à ses préjugés sur la supériorité absolue de la germanité et l’irrémédiable infériorité des Slaves. En dehors des anciens ports hanséatiques produits du « génie allemand », les villes lui paraissent misérables et délabrées avec, signe de corruption qui ne trompe pas, « des masses de Juifs20 ». « La différence entre l’Allemagne et la Lituanie et entre la Lituanie et la Courlande est incroyable. […] Misérables, sales, incompétents, stupides et vulgaires, dépravés et perfides », écrit-il à son épouse : il ne sait à quel adjectif recourir pour caractériser ces « Polonais, Lituaniens et Lettons à demi-sauvages », « ces barbares à qui l’on veut livrer une partie de notre pays21 ! 

3 - Baltikum !

« La grossièreté de ces Lettons défie vraiment toute description. Un pareil peuple est mûr pour l’extermination. À ces bêtes, on ne peut montrer la moindre pitié22. »

3 - Baltikum !

Ne croyant plus dans ses concitoyens, il appelle de ses vœux un homme providentiel et attend le moment « où le Dictateur contraindra par la force brutale cette horde de porcs à effectuer la corvée41 ».

3 - Baltikum !

La plus grande énergie se trouve à l’extrême droite et à l’extrême gauche. Si l’on rassemblait ces antipodes, on aurait trouvé la pierre philosophale. Alors la répugnante démocratie des partis du centre pourrait tranquillement aller au diable73. » Toutefois, il n’est pas réactionnaire sur le plan social. Il approuve par exemple le projet de réforme agraire et trouve sain que le monde ouvrier ne soit plus le grand oublié du Reich74. Des positions assez proches de celles qu’exprimera le national-socialisme.

6 - Des fleurs et des panzers

Néanmoins, en 1939, la construction des panzers représente moins de 1 %4 de l’ensemble des dépenses militaires. Ce taux situe l’importance toute relative du char d’assaut dans la liste de courses de la Wehrmacht, bien loin derrière les munitions (40 %) ou l’aviation (39 %)

6 - Des fleurs et des panzers

Achtung Panzer ! ne sera traduit en anglais qu’en… 1992 ! Ce n’est que rétrospectivement qu’on lui a accordé une importance qu’il n’a jamais eue dans l’avant-guerre

7 - La Pologne, premier test

En somme, l’armée allemande commence la Seconde Guerre mondiale comme elle a commencé la Première, par un chapelet de crimes de guerre. Au moins 12 000 civils – dont beaucoup de Juifs – et 3 000 prisonniers de guerre polonais en seront victimes pour le seul mois de septembre 193954

8 - Heureux comme Guderian en France

le haut commandement estime la coalition franco-britannique trop forte pour les moyens limités du Reich. Aucun plan stratégique n’a été préparé.

9 - De Brest à Kiev

C’est seulement après la première quinzaine de juin, période relativement sèche, que les panzers pourront s’engager sur le réseau des chemins biélorusses, notamment en bordure des marais du Pripet. Ce commentaire douche les amateurs d’histoire contrefactuelle pour qui la campagne des Balkans aurait entraîné un retard fatal pour l’opération « Barbarossa 

10 - Moscou, fin de partie

Un télex de la 2e armée Panzer au GA Centre indique que « 80 % de la dotation théorique en vêtements d’hiver est arrivée mais seulement 70 % de la dotation en seconde couverture de laine. Tout est en cours de distribution ». Nous voici fort loin de l’image traditionnelle de soldats grelottant dans leurs vêtements d’été !

11 - Grand maître des troupes blindées

Les comptages minutieux de l’historien Roman Töppel ont montré que les Allemands ont payé « Citadelle » d’un coût matériel et humain raisonnable, et que l’hécatombe s’est en fait produite côté soviétique : 350 chars et canons automoteurs détruits – dix jours de production – contre 2 182 machines rouges ! En dépit de l’infériorité technique de leurs chars et tactique de leur aviation, les Soviétiques ont obtenu une victoire défensive à Koursk du fait d’une bonne planification opérationnelle (ce sont leurs deux offensives lancées ou ostensiblement préparées vers Orel et le Donbass qui obligent à abroger « Citadelle »), d’une excellente gestion des réserves et de choix industriels prévoyants qui leur ont permis d’absorber des pertes même quatre fois supérieures à celles de l’ennemi.

11 - Grand maître des troupes blindées

C’est ce semestre consécutif à « Citadelle » (août 1943-janvier 1944) qui lamine les divisions Panzer

12 - Au sommet de l'armée de terre

Sa signature figure au bas des procès-verbaux qui ont envoyé au supplice 55 officiers30 (dont son ami Fellgiebel) qui, pour certains, n’avaient commis d’autre crime que de ne pas avoir dénoncé un conjuré… ce qui est très exactement le cas de Guderian ! C’est une compromission gravissime pour un homme qui, dans ses Souvenirs, évoque sans cesse son sens de l’honneur. D’ailleurs, nombre d’officiers ne lui pardonneront pas31

13 - Le temps des procès

Sa voix porte encore, notamment parmi les 20 millions d’hommes qui sont passés par la Wehrmacht, soit la quasi-totalité de la population masculine entre dix-neuf et quarante-cinq ans.