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| 1 - Il va y avoir du sang |
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Depuis le XVIIIe siècle, l’âge de survenue des règles a baissé de trois ans en France1.
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| 1 - Il va y avoir du sang |
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les études2 montrent que c’est d’abord l’amélioration de l’alimentation qui a permis aux jeunes filles de devenir pubères plus tôt dans tous les pays dits développés, même si l’on observe des variations selon l’ensoleillement :
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| 1 - Il va y avoir du sang |
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50 millilitres par cycle, soit l’équivalent de trois cuillères à soupe impériales ou d’un demi-verre de bordeaux4.
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| 1 - Il va y avoir du sang |
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: à l’échelle des quatre à cinq litres de sang qui circulent dans notre corps (cinq à six pour les hommes), le flux est en réalité bien moins impressionnant, surtout quand il met cinq jours à s’écouler, et ne dépasse pratiquement jamais les 150 millilitres.
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| L’ovocyte, un petit phénomène de foire |
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pendant mon développement embryonnaire que j’ai été la plus féconde, avec la production dans mes ovaires de 6 à 7 millions d’ovocytes prêts à faire face à n’importe quel défi
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| L’ovocyte, un petit phénomène de foire |
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suivant le processus connu sous le nom d’atrasie folliculaire, dont personne ne connaît vraiment la raison. Que la guerre y soit ou non pour quelque chose, ces 6 à 7 millions n’en étaient plus qu’un à ma naissance. À la puberté, il en restait encore 300 000 selon
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| L’ovocyte, un petit phénomène de foire |
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En définitive, je n’en aurai ovulé que 400 et des brouettes, pour donner naissance à un seul enfant après trois grossesses.
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| L’ovocyte, un petit phénomène de foire |
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Le fluide menstruel possède un pH identique à celui du sang (7,5) et un nombre considérable de bactéries permettant de préserver l’équilibre de la flore vaginale, en vue de protéger le vagin et l’utérus des infections. Sa seule propriété inhabituelle est qu’il ne coagule pas – contrairement au sang artériel ou veineux. Il
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| L’ovocyte, un petit phénomène de foire |
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’ovocyte est, pour autant que je sache, la cellule la plus grosse du corps humain et la seule qui soit visible à l’œil nu, de l’ordre de 0,15 mm, soit l’équivalent du diamètre d’un cheveu.
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| L’ovocyte, un petit phénomène de foire |
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les règles, c’est cette évacuation musclée, après une phase inflammatoire, du tissu de l’endomètre. L’utérus est en effet un muscle, entre autres choses. Il se contracte dans tous les sens, que ce soit pour aspirer les spermatozoïdes, évacuer les muqueuses, s’élargir lors de la gestation, puis expulser le fœtus pour le mettre au monde.
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| L’ovocyte, un petit phénomène de foire |
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on ne sait toujours pas exactement pourquoi les femmes ont leurs règles chaque mois. La fabrication d’une couche épaisse d’endomètre pour accueillir un ovocyte qui, la plupart du temps, sera évacué sans être fécondé ne peut que laisser perplexe, car le gâchis est important. L’espèce humaine n’est cependant pas la seule à avoir choisi cette voie bizarre. D’autres primates, comme le chimpanzé ou le bonobo, sont soumis à la dure règle du sang menstruel, de même que certaines races de chauves-souris,
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| Le charme peu discret de l’endomètre |
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Selon les biologistes, le but de l’organisme maternel serait de garder la nursery en parfait état pour une autre fécondation, afin de pouvoir transmettre toujours plus de gènes, en particulier les siens.
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| Le charme peu discret de l’endomètre |
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si l’endomètre soupçonne ne serait-ce que l’ombre d’une
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| Le charme peu discret de l’endomètre |
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malformation dans son développement, paf, il l’élimine avec les prochaines règles. Dans cette compétition des premiers jours, le combat est sans merci et il semblerait que 30 % à 50 % des embryons connaissent le triste sort d’une évacuation radicale,
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| Le charme peu discret de l’endomètre |
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’est là que le concept de l’endomètre qui se reconstitue chaque mois prouve son intérêt : pour se débarrasser d’un embryon qui ne manifeste aucune intention de devenir autre chose qu’un ectoplasme, le ménage menstruel est la solution idéale.
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les requins qui s’entre-dévorent dans l’utérus de leur mère jusqu’à n’en laisser qu’un à la fin.
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| Le charme peu discret de l’endomètre |
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C’est d’ailleurs pour échapper aux prédateurs et protéger la tribu que les femmes auraient pris l’habitude de s’isoler dans un lieu protégé durant leurs règles. Plusieurs anthropologues, dont le Britannique Chris Knight17, avancent que cet isolement choisi aurait pu conduire les femmes à développer une spiritualité chamanique dont toutes les cultures gardent les traces – en particulier les peintures pariétales qui, d’après des études récentes18, pourraient avoir été réalisées non par des hommes, mais par des femmes.
Berlin (dont le nom signifie « petit ours »),
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| Et si les hommes en avaient ? |
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| Et si les hommes en avaient ? |
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. Au XVIIe siècle, alors que la controverse entre juifs et chrétiens faisait rage chez les scholastiques, la rumeur courait que les hommes juifs avaient aussi leurs règles, sous la forme d’hémorroïdes qui saignaient régulièrement, « en châtiment de la crucifixion », comme le raconte notamment l’historienne Cathy McClive14.
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existence d’un matriarcat originel qui aurait, aux temps anciens, gouverné le monde. Pour
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les plus féministes comme Françoise Héritier, il s’agit d’une fable, car toutes les sociétés, qu’elles soient matrilinéaires ou patrilinéaires, reposent sur une organisation où la valeur « femme » est inférieure à la valeur « homme », ce qui interdirait d’envisager un ordre antérieur inverse ou différent.
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| Et si les hommes en avaient ? |
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Même Simone de Beauvoir traitait les écrits de Johann Jakob Bachofen, théoricien du matriarcat primitif, d’« élucubrations ».
N’oublions pas qu’en 1896, Pierre de Coubertin, le « père » des jeux Olympiques modernes leur avait interdit l’accès au stade, affirmant que « l’organisation d’une olympiade femelle serait impratique, inintéressante, inesthétique et incorrecte ».
Les premières traces de tampon menstruel remonteraient en effet à l’Égypte ancienne. Des papyrus mentionnent l’existence de tampons réalisés avec de petits bâtonnets entourés de bandes de coton, de lin ou de laine.
Quand on se demande comment les femmes de l’ancien temps se débrouillaient pour éponger le sang menstruel, il faut se rappeler qu’elles avaient leurs règles moins souvent qu’aujourd’hui. D’abord parce qu’à la préhistoire elles étaient réglées plus tard et mouraient plus tôt6, ensuite parce qu’elles n’avaient qu’un ou deux enfants.
Entre l’allaitement et la grossesse, qui interrompent généralement les menstruations, cela représentait finalement peut-être une centaine de cycles au lieu des 450 actuels. Ce n’est qu’à partir du néolithique, avec l’agriculture, et donc le stockage des aliments, que les femmes se mirent à faire des enfants en continu –
Le musée de la menstruation, créé en 1994 dans sa maison du Maryland par un fantasque Américain, Harry Finley,
Devenu virtuel en 1998, il continue sur son site Internet à recueillir et exposer toutes les informations possibles et imaginables sur la menstruation
Trente milliards de dollars, soit 26 milliards d’euros : c’est ce que représente le marché annuel de la protection périodique,
Car les protections périodiques ne doivent pas répondre aux mêmes normes que celles qui s’appliquent à l’industrie cosmétique et ne font l’objet d’aucun contrôle sanitaire.
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| Le syndrome du choc toxique, un roman de Stephen King |
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Le syndrome du choc toxique (SCT)
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| Le syndrome du choc toxique, un roman de Stephen King |
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Un germe plutôt ordinaire, le staphylocoque doré, aussi appelé Staphylococcus aureus dans l’intimité
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| Le syndrome du choc toxique, un roman de Stephen King |
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une toxine mortelle, appelée TSST-1,
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| Le syndrome du choc toxique, un roman de Stephen King |
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. En France, on constate une augmentation des cas de SCT, parfois mortels, comme celui d’une jeune fille de seize ans qui a succombé en 2013 à Limoges : elle n’avait pas changé son tampon depuis vingt heures.
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| Le syndrome du choc toxique, un roman de Stephen King |
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En 1985, une équipe de chercheurs de l’Arizona avança l’hypothèse que la peste d’Athènes racontée par l’historien grec Thucydide au Ve siècle avant J.-C., dans le premier livre de La Guerre du Péloponnèse, aurait pu ne pas être une peste, mais une combinaison agressive de virus grippal et d’infection à staphylocoque doré18.
. Parce que, vous me croirez ou non, vous pouvez retourner une boîte de tampons et de serviettes dans tous les sens, vous ne trouverez jamais la composition des produits que vous vous apprêtez à placer au cœur de votre intimité.
contact direct avec la peau et à y demeurer plus de huit heures. La seule législation dont ils dépendent est celle relative à la fabrication du papier, si bien qu’ils ne sont contrôlés par aucune autorité sanitaire.
les produits d’hygiène corporelle ne sont pas soumis à la même législation que celle qui s’applique pour les cosmétiques destinés à entrer en
contrairement à ce qui se passe pour le shampooing, la crème hydratante ou le rouge à lèvres, personne ne sait ce qu’il y a dans les tampons et les serviettes. Pire
’échantillon de serviette Silk Collection Normal Plus avec ailettes de la marque Always (Procter & Gamble), on note par exemple la présence de pesticides organochlorés et de pyréthrinoïdes, soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens.
L’étude de 60 Millions de consommateurs relève aussi la présence de dioxines dans les échantillons de la marque Nett Comfort Smooth Technology Super et de la marque OB Original Normal (toutes deux propriété du groupe Johnson & Johnson), et la présence de composés organiques halogénés dans les Tampax Compact Active Régulier Fresh.
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| La taxe rose : nécessité fait loi |
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boîte de protections hygiéniques une taxe sur la valeur ajoutée de 20 % au lieu de 5,5 %, le taux réservé aux produits de première nécessité.
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| La taxe rose : nécessité fait loi |
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2015, l’année où j’ai cessé de produire de la muqueuse endométriale, et où l’Assemblée nationale a finalement voté la réduction de ce taux de TVA, sous la pression des associations féministes
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| La taxe rose : nécessité fait loi |
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pourquoi le Coca-Cola, qui est composé principalement de sucre et présente à ce titre un danger pour la santé unanimement reconnu6, est taxé à 5,5 % comme un produit de première nécessité.
. Retenir le flux n’est pas facile, mais ce n’est pas non plus impossible quand on a musclé son périnée, ce qui n’a rien de sorcier, même si ce n’est pas un sphincter. Pour
The Curse (« La malédiction ») – qui est un des noms par lesquels on désigne les règles aux États-Unis et en Grande-Bretagne.
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| 6 - Je compte jusqu’à sang |
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La régularité, tel est donc le sens du mot « règles », qui sert aussi à désigner les menstruations en allemand (« die Regel ») et en espagnol (« las reglas ») : du latin « regula », il évoque à la fois à ce qui se dresse (érection, si tu m’entends) et ce qui va « droit »,
Le mot « menstruation » vient en tout cas de là : « mens » correspond au mot « mois » et prend naissance dans l’indo-européen « mehns », qui signifie « Lune ». De même, le mot « rituel » vient du mot sanskrit « r’tu », qui signifie à la fois la saison, le temps du sacrifice et la menstruation.
il y a une coïncidence entre la durée du cycle féminin et celle du cycle lunaire, soit 29,54 jours terrestres.
la lunaception repose sur l’idée que le lien entre la Lune et le corps féminin va au-delà de la simple coïncidence, et séduit aujourd’hui encore les femmes qui voudraient renouer avec leur cycle des liens plus naturels.
Pourtant, la science moderne assure que la similitude entre le cycle lunaire et le cycle menstruel n’est que pure coïncidence. Seules 30 % des femmes ont un cycle de vingt-huit jours. Les deux tiers des femmes ont des cycles variables, entre vingt-trois et trente-cinq jours. Et, parmi les espèces menstruées, nous sommes la seule à suivre le cycle lunaire.
Car si la légende est tenace concernant par exemple le nombre d’accouchements plus important lorsque la Lune est pleine, elle est démentie par la statistique depuis au moins quarante ans.
La Lune est innocente. Elle n’a aucun lien avec le nombre d’hospitalisations, mais aussi avec le nombre d’accidents de voiture, les menstruations, les épisodes dépressifs, les comportements violents et l’activité criminelle8. »
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| La minute de Madame Cyclopède |
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si elle se prive de manger de façon prolongée, si elle voyage, si elle est une sportive de haut niveau et ne dispose pas de suffisamment de réserves de graisse pour transmettre le message hormonal aux ovaires, si elle a été envoyée en prison ou, pire, en camp de concentration, elle cesse d’ovuler et, donc, d’avoir ses règles.
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| La minute de Madame Cyclopède |
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Durant les guerres, des épreuves tragiques comme un exil ou une migration forcée, les femmes ont moins – voire plus du tout – leurs règles : leur corps se met en mode survie. C’est ce qu’on désigne sous le nom d’aménorrhée de guerre ou de famine, ou encore aménorrhée d’inanition.
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| La minute de Madame Cyclopède |
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mit au point ce qui allait devenir la méthode de contraception « Ogino-Knaus ». Aussi connue sous le nom de « méthode des cycles », « des rythmes » ou « du calendrier », elle consistait à éviter d’avoir des relations sexuelles les jours présumés de l’ovulation.
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| La minute de Madame Cyclopède |
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les Italiens se moquaient volontiers de la méthode « Oggi, no » (« Aujourd’hui, non »).
les migraines dites cataméniales à l’approche ou pendant les règles. Le mot cataménial vient du terme grec « katamenia » qui signifie « menstrues ». On lui doit aussi le mot « en catimini », en cachette, furtivement, comme ce syndrome prémenstruel qui n’est jamais là où on l’attend.
assumer près de deux fois plus de tâches ménagères quotidiennes que les hommes (3 h 26 contre 2 heures)5 et en touchant des revenus globalement inférieurs de 25,7 % à
, pourquoi le mythe du syndrome prémenstruel est-il si répandu ? Pour la psychologue Robyn Stein DeLuca, la réponse est claire : « Le traitement du SPM est devenu une industrie profitable et prospère. » Seulement, pour que les traitements soient autorisés par la FDA (Food and Drug Administration), l’agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux, il faut qu’ils répondent à un trouble médical répertorié aux États-Unis par le célèbre Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux
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| Le jackpot du syndrome prémenstruel |
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une endométriose. Parce que, si tout le monde est persuadé que le SPM existe, personne n’a cru, durant longtemps, à l’existence de cette maladie organique qui touche entre 2 et 4 millions de femmes en France, et près de 180 millions dans le monde. Et, pour couronner le tout, c’est la première cause de stérilité des femmes qui en sont frappées : 30 % d’entre elles devront suivre un traitement si elles veulent avoir un enfant.
« Ce sont des tissus utérins qui, au lieu de s’évacuer par le vagin lors des règles, remontent inexplicablement dans l’abdomen par les trompes de Fallope et se répandent dans le corps, se collant à l’utérus, aux ovaires, au rectum, à la vessie, aux intestins – parfois même à l’estomac, au diaphragme, aux poumons, au cerveau. Et ces tissus utérins qui ne sont pas éliminés par le système immunitaire continuent de réagir aux cycles hormonaux, s’enflammant comme s’ils devaient être évacués au moment des règles, sans pourtant jamais l’être. D’où les douleurs parfois sévères qui affectent certaines femmes souffrant d’endométriose.
Certes, les lésions d’endométriose ne sont rien d’autre, d’après l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), que des métastases bénignes et les femmes qui en souffrent l’appellent le « cancer dont on ne meurt pas ». La maladie est pourtant liée, dans 1 % des cas, à de rares sous-types de cancers ovariens, comme le carcinome à cellules claires ou l’adénocarcinome endométrioïde12, et les personnes qui en souffrent ont également un risque augmenté d’avoir un cancer de la peau – le plus mortel semble-t-il.
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| Les inconnues de l’endométriose |
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si 90 % des femmes ont en effet des « reflux rétrogrades », c’est-à-dire des remontées de sang menstruel dans la cavité pelvienne, seules 10 % d’entre elles verront ces tissus utérins se développer.
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| Les inconnues de l’endométriose |
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Normalement, un corps étranger est éliminé par le système immunitaire, qui envoie ses armées d’exterminateurs biologiques détruire les intrus en deux coups de cuillère à pot. Mais dans le cas de l’endométriose : nada. Les tissus de l’endomètre envahissent l’abdomen sans trouver d’obstacle sur leur chemin, comme si le système immunitaire était en grève. Or il ne l’est pas. Bizarrement, au moment où l’endométriose progresse, le système immunitaire s’occupe de tout autre chose. Les femmes victimes d’endométriose ont ainsi souvent de l’asthme, du vitiligo ou du lupus, des maladies dites « auto-immunes » car elles sont le résultat d’une attaque de l’organisme contre lui-même.
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| Les inconnues de l’endométriose |
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comme le raconte le docteur Petit dans un passionnant article, « cette maladie est très ancienne et probablement connue des Égyptiens dès 1855 avant Jésus-Christ. […] Platon lui-même fut un des premiers à signaler l’extrême douleur de certaines femmes et liée à l’utérus16 ».
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| Les inconnues de l’endométriose |
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Les médecins Celsus et Soranus au Ier et au IIe siècle, le médecin grec Dioscoride au Ier siècle décrivent avec précision ses symptômes : « De violentes contractions utérines, par inflammation, et responsables d’un état syncopal ou convulsif de façon répétée tout au long de leur vie. » Ce sont ces descriptions qui ont été, explique Érick Petit, « à l’origine de la notion de crises hystériques, du terme grec définissant la matrice ou l’utérus ».
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| Les inconnues de l’endométriose |
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Galien, au IIe siècle, est le premier à faire le lien entre psychisme et maladie utérine, entraînant pour près de vingt siècles une perception erronée de cette maladie, comprise comme « imaginaire ».
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| Hystérie, exorcismes et sorcières |
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Au XVIIIe siècle, continue Érick Petit, les femmes victimes d’endométriose sont vues comme « dérangées mentalement » et indignes moralement : on les enferme dans des asiles de fous, allant jusqu’à prétendre contre toute évidence que cette « hystérie » est liée à de la nymphomanie.
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| Cocktails et élixirs alchimiques |
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le nom Adam, qui aurait été porté par le premier homme, signifiait non pas « fait d’argile rouge » – ce qu’il ne savait de toute façon pas –, mais « fait de terre et de sang » et renvoyait à un mythe antérieur selon lequel l’homme était le fruit d’une menstruation lunaire.
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| Cocktails et élixirs alchimiques |
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Le terme hébreu pour sang est « dam », qui veut dire dans les langues indo-européennes « mère » ou « femme », comme dans « dame
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| Cocktails et élixirs alchimiques |
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Dans la confusion, personne ne remarque un court article non sourcé et non signé paru le 3 décembre sur le site de Vulgaris Médical, qui fait état de la découverte de cellules souches dans l’endomètre. De mystérieux chercheurs américains ont eu, poursuit l’article, « la curiosité d’analyser le sang des règles, et ils y ont découvert des cellules capables de se multiplier beaucoup plus vite que les autres cellules souches. Elles se divisent toutes les vingt heures, et fabriquent des taux de facteurs de croissance 100 000 fois plus élevés que les cellules souches issues du cordon ombilical. Elles peuvent se différencier en neuf types de cellules différents (cardiaques, pulmonaires, hépatiques…). Ainsi, 5 ml de sang menstruel ont fourni, en deux semaines, suffisamment de cellules pour obtenir des cardiomyocytes (cellules musculaires cardiaques) pulsatiles (ayant des pulsations). Ces nouvelles cellules souches, baptisées cellules régénératives endométriales, pourront être une alternative à celles issues de la moelle osseuse ou du cordon ombilical, qui entraînent un risque de rejet parfois important7
, les auteurs affirment que « du fait de leur facilité de collecte et d’isolation, les MenSC pourraient être une source de cellules multipotentes d’un grand potentiel
Tout commence, rappelons-le, avec une seule cellule, née de la fusion de l’ovule et d’un spermatozoïde. En quelques heures, elle se divise en deux cellules, qui se divisent elles-mêmes en deux autres cellules et, cinq jours après, on a obtenu une petite centaine de cellules, dont soixante-dix ont déjà reçu leur feuille de route : elles seront cœur, cerveau, muscles ou foie, sang, intestins… Mais il en reste encore une trentaine qui sont multitâches et pourront se transformer en n’importe quoi : ce sont elles qu’on appelle les cellules souches embryonnaires, sur lesquelles la recherche n’est autorisée en France que depuis 2013, à condition d’être strictement encadrée et contrôlée.
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| 100 000 milliards de cellules, et moi et moi et moi |
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. Le petit souci avec les cellules souches embryonnaires, c’est qu’elles se multiplient à une telle vitesse et avec un tel entrain qu’elles ont tendance à s’emballer quand on les injecte dans un organisme vivant, et à produire des tératomes, un genre de tumeur embryonnaire très agressif qui peut par exemple produire des dents ou des poils dans l’ovaire, ce qui n’est guère pratique pour se coiffer ou se laver les dents, mais aussi des formes de cancer mortel.
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, au regard des promesses et effets d’annonce de 2007, je m’attendais à voir poindre des essais cliniques de traitement plus rapidement. Mais, après un démarrage en trombe, les résultats se font un peu attendre.
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